Tourbières

Les tourbières sont des écosystèmes où - dans des conditions de saturation en eau permanente – des matières végétales mortes et en décomposition sont accumulées pour former une couche de sol organique épais appelé tourbe. Les tourbières sont d’excellentes réserves d'eau, fournissant de l'eau pendant les longues périodes de sécheresse. Cependant, leur drainage et leur dégradation causent d'énormes émissions de CO2: dans la sous-région de l'Afrique subsaharienne (hors Afrique du Sud) les émissions liées à la tourbe sont égales à 25% de toutes les émissions de combustibles fossiles.

Distribution

Les tourbières apparaissent dans de petites régions de nombreux pays africains. Les estimations totales sur l’ensemble du continent varient entre 4.856.500 ha de tourbières (FAO) et 5.853.400 ha, soit 0,18% de la surface totale des terres (DOE)[1]. Les pays africains avec les plus grandes superficies de tourbières comprennent la République Démocratique du Congo, l’Ouganda et  la Zambie. En Ouganda, il ya déjà 64.000 ha de marais permanents et autant de terre temporairement inondées pendant  les saisons pluvieuses[2].

Dans la ceinture humide de l'Afrique équatoriale, une distinction peut être faite entre les zones adjacentes du Golfe de Guinée, autre zone de grande dépression, et ceux de l'Afrique centrale où la formation de la tourbe a suivi le soulèvement géologique récente de la faille volcanique. Certaines tourbes en Afrique centrale sont en haute altitude, où les conditions sont semblables à celles des régions tempérées. L'étendue des zones bordant le Golfe de Guinée n'est pas connue ; mais parce que les conditions sont identiques à celles en Asie du Sud-Est, on suppose qu'ils s’étendent probablement au Gabon, au Congo et en RDC. 

Types de tourbières en Afrique

Les Paramo sont des écosystèmes tropicaux qui se situent à la limite supérieure de la flore, c-a-d entre 3000 m et 5000 m. Localement ces zones sont appelées «Moorland» en Afrique de l'Est. Les Dambos sont des vallées herbeuses humides saisonnières ou permanentes, des dépressions ou des zones d'infiltration sur les pentes. Localement, ils sont connus comme «bas-fonds» ou «marigots» (Afrique de l’Ouest et centrale), «vallées intérieures» ou «bolis» (Sierra Leone), «fadamas» (Nigéria), «vleis" (afrikaans), «bani» (shona), «mapani», «mbugas '(Tanzanie) ou« dambos » (Afrique orientale et australe). Les Dambos contiennent en partie des sols organiques (tourbes="dambo").

Les Menaces 

Les tourbières du monde entier sont soumises à un drainage pour baisser la nappe phréatique et permettre l'agriculture. En Asie du Sud-Est en particulier, les tourbières sont fortement drainées et converties en plantations de palmiers à huile. En Russie et en Europe, les tourbières sont exploitées pour leur tourbe. Aux Pays-Bas, de vastes zones de tourbières ont été drainées durant les siècles passés et leur tourbe a été extraite causant ainsi la mise en-dessous du niveau de la mer de grandes parties du pays

En Afrique australe et orientale de nombreuses et faibles tourbières ont été converties pour l'agriculture et le reste des tourbières naturelles sont sous une grave menace de conversion et de dégradation. Le changement climatique devrait conduire à des précipitations imprévisibles et des sécheresses prolongées qui stimuleront cette tendance, étant donné que les tourbières sont souvent les derniers endroits qui recèlent d’eau. Le service essentiel de stockage et de fourniture d'eau qu’offrent les tourbières de montagne en Afrique est sous la menace de drainage, de pâturage et du changement climatique.

Emissions de CO2 des tourbières en Afrique

La dégradation des tourbières provoque la mise en contact de la tourbe stockée avec l'air et sa forte teneur en oxyde de carbone émet du CO2 dans l'atmosphère. En raison de la sécheresse et du drainage, les tourbières sont également plus enclins aux feux. Dans la région de l'Afrique sub-saharienne (hormis l’Afrique du Sud), les émissions à partir des tourbes sont égales à 25% de toutes les émissions liées aux combustibles fossiles. Cela est indiqué dans le rapport de Wetlands International publié en 2009 Vu globale des emissions de CO2 des tourbières, montrant pour tous les pays du monde, une première vue d'ensemble des tourbières, leur statut, les stocks de carbone et les émissions de CO2. Voir dans le rapport, le tableau des émissions des tourbières en Afrique.

Example: La tourbière de Wakkerstroom en Afrique du Sud

Wakkerstroom est une tourbière herbeuse située en Afrique du Sud, principalement caractérisée par une mosaïque de marais. Grâce à son climat tempéré, avec de forts hivers, elle ressemble aux tourbières européennes. Il s'agit d'un site populaire d'observation des oiseaux, avec des espèces telles que la grue  Bleue menacée à l’échelle mondiale ainsi que  l’Alouette de Rudd, l’Alouette de Botha, Pipit à gorge jaune, Outarde plombée, l’Ibis Chauve du Sud et les 5 espèces d'oiseaux Harrier trouvés en Afrique du Sud. 

Grâce à nos partenaires de l’Initiative « Wings Over Wetlands » nous avons pu empêcher la conversion de Wakkerstroom en une grande mine de charbon à ciel ouvert. Les partenaires, en collaboration avec des ONG locales et des dirigeants communautaires, ont déposé deux demandes à la Haute Cour contre les licences douteuses accordées pour des prospections dans les zones de Wakkerstroom et de Lüneburg. Les compagnies minières ont, après avoir été confronté à ces préoccupations, retiré leurs plans. L'initiative a également développé l'éco-tourisme à travers la formation des populations locales à devenir des éco-guides, un suivi renforcé des oiseaux et la mis en place du centre de formation de la réserve de Wakkerstroom. Plus de détail sur le siteweb de Wings Over Wetlands.